Samedi 21/07/2018

Message du bord #4

Message du bord #4

54 59  545 N
38 32 838 W
Bonjour à tous,
La dépression est passée, un peu moins forte que prévue.  Mais d’une façon générale, le vent n’est pas le facteur le plus dur à gérer. Là où nous avons eu une petite surprise, c’est sur l’état de la mer : un problème de configuration de notre logiciel de navigation ne nous permettait pas de recevoir les cartes de houle… problème réglé depuis ! 35 knt de vent sur une mer plate, on réduit la toile et on attend. 35 knt dans beaucoup de mer, et là ça brasse. Pour nous, 6 mètres de creux au programme, dans une mer bien croisée à souhait. Cela veut  dire que les vagues viennent de coté, mais aussi un peu plus de face.  Dans le jargon on appelle cela « un bon chantier » !

 

Nous avons affalé la grand voile, et restons sous artimon, trinquette lourde et yankee lourd. Si peu toilé, le VI file encore à plus de 10 knt, surfant dans les vagues. Nous sommes bâbord amure et à la barre, on passe notre temps à regarder les vagues venir, pour savoir comment les gérer : si on les prend bien, le bateau se transforme en véritable tapis volant, glissant avec une extreme douceur et en accélérant. Mais si la vague se présente mal, si elle nous oblige à la prendre de face, si on la prend de coté un peu trop tard et que l’eau se dérobe sous nos flancs, alors le VI tape de tout son poids dans l’eau, provoquant une véritable déflagration. Une coque « alu » ça résonne, et le bateau, lui, vibre de la quille à la tête de mat. Un brin impressionnant…
Maintenant, imaginez la même histoire de nuit, sans voir les vagues ! Comme l’impression de rouler à contre sens sur l’autoroute, phares éteint contre des semi remorques, eux aussi phares éteint..! Du coup à bord, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à fermer l’oeil.

Elemen’Terre c’est l’histoire d’hommes et de femmes qui cherchent à reconnecter l’Homme à ses natures humaine et terrestre, à commencer par eux-mêmes. Je suis très impressionnée par le courage de nos funambules. Ils n’ont plus leurs repères, vivent dans des conditions de vie difficiles, entre froid, fatigue physique et morale, et aucun d’eux ne lâchent le morceau.
Certains sont impatients de toucher Terre, car la vie en mer, gitée entre 30° et 40° en permanence, dans une humidité importante n’a rien d’une promenade de santé. Pourtant, ils vont chercher au fond d’eux même, et serrent les dents en gardant le sourire !
Depuis nous sommes en cap direct sur le Groenland, filant à 10 knt, dans un épais brouillard très humide où la visibilité ne dépasse pas 50 mètres….
Une vidéo arrive, car même malade, notre super média man a réussi à tourner de jolies images. Bon, pas tout le temps, mais il a assuré notre Yohann !Bonne nuit et bon quart à tous,
 Marie