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Drheam Cup

Pen-Duick VI vainqueur de la Drheam Cup – Coupe de France de Course au Largue 2022 ! 

Ça, ça fait plaisir à écrire ! 

Bonjour à tous, 

Un mois vient de s’écouler depuis mon dernier papier… et quel mois ! Mais avant de vous raconter la suite, je voulais tous vous remercier pour les nombreux messages reçus, par mail, via les réseaux, téléphone, fax, télégramme ou pony express, nous sommes vraiment touchés, surpris (voire même un peu impressionnés !) par l’engouement que provoque notre aventure. 
Fin juin, nous rentrons donc du Tour d’Irlande, avec deux petites semaines pour réparer le bateau et remplacer notre manivelle manquante. L’équipe de soudeurs est sur le pont pour réparer les feux de balcon et après étude de différentes solutions, nous trouvons l’endroit parfait pour faire refondre une manivelle, qui sera livrée 3 jours avant notre départ, timing parfait. Je suis soulagée, si je ne vous dis pas quelle manivelle est la neuve, vous ne la reconnaitriez pas. Cette mésaventure m’a aussi montré l’importance que je dois accorder à la recherche de vieilles pièces, poulies, charriot, winch et autre. Si vous pensez avoir du matos de Maxi qui peut encore servir, je suis preneuse. Sinon je me demande si faire un tour par les chantiers de Newport ne serait pas le moment…
Pendant ces deux semaines, l’équipe bichonne le VI tandis que je ressaute dans mes habits de ville, en profitant pour aller à la rencontre de potentiels partenaires, mais aussi baptiser l’Abeille Méditerranée, et participer à des conférences. Le métier de marin est vaste, la partie en mer dépendant de la réussite de la partie à terre.


Nouvelle course, nouvel équipage, nouvelle donne.


Ce 4ème équipage m’a encore fait vivre une expérience incroyable… Nous sommes encore en train de vivre l’aventure, alors sans recul, il m’est difficile de décrire ce que nous vivons, mais je ne m’attendais pas à ça… D’ailleurs, je ne peux pas vraiment dire ce à quoi je m’attendais. depuis longtemps maintenant, j’essaye de vivre sans attentes, de façon à laisser le maximum d’opportunités se présenter. 
Mais ça ? 
30 personnes maintenant que nous avons accueillies à bord, et à chaque fois, Pen-Duick VI fait en sorte que la sauce prenne. Je suis heureuse d’avoir à chaque fois des équipages avec de fortes qualités humaines, de belles expériences de vie à partager, et une cohésion d’équipe qui se crée à chaque fois. En gros, on se marre vraiment bien, et le choix va être difficile ! 
Sur cette Drheam Cup, nous avons joué contre nos copains de l’Esprit d’Equipe et le Volvo 60 Challenge Océan. 
Surtout, nous avons fait une DownWind Cup : monter au Fastnet au portant, redescendre du Fasnet… au portant. Le portant, ce n’est pas l’allure du bateau. Lui comme moi aimons le près, de préférence dans de l’air. Avec son petit cul et son gros ventre, au portant, il a tendance à rouler, et même s’il avance bien, ce n’est pas un bateau qui va partir au planning. Et pourtant, sous Yankee 2 tangonné / Trinquette (le Yankee est une sorte de génois), nous avons fait quelques surf à 22 noeuds. Je n’ai pas voulu embarquer le spi lourd : lui, on le sort quand c’est la guerre dehors, et il vaut mieux avoir un équipage de furieux à bord. Mes équipiers de l’année sont encore trop jeunes.
Alors de la cohésion d’équipage, il en a fallu pour le manœuvrer. Les empannages en maxi, avec 2 tangons, demande une organisation impeccable, choquer ou brasser les bras, écoutes, balancines et hale-bas de tangons au bon moment pour ne pas déchirer le spi, nécessitent quasiment l’ensemble de l’équipage sur le pont, sans oublier le régleur de GV, un autre aux bastaques, deux qui gèrent les tangons, et le barreur. Tout un orchestre !
Après Karine Fauconnier sur l’Armen Race et Gérald Véniard sur l’Irlande, j’avais fait appel sur cette régate au tout bon Clément Giraud pour venir s’occuper de la tactique. De formation, Clément n’est pas tacticien, mais c’est un des grands experts de la plage avant, qui a été n°1 sur beaucoup de supports différents, du maxi au TP52, en passant par le 15 MJI Mariska, où j’ai eu la chance de naviguer huit ans à ses côtés. Alors de la stratégie, il en a bouffé, et de la météo aussi, surtout avec son joli Vendée Globe. Une Drheam Cup ne devrait pas lui faire peur !
Et ça marche. Départ canon sur la ligne, une trajectoire propre sur toute la course, mais surtout, grâce à sa lecture de la plage avant, il a permis à mon équipage de très vite améliorer l’exécution des manœuvres. À tel point qu’en arrivant à la bouée de Rochebonne, alors que nous sommes bord à bord avec Challenge Océan. Nous décidons d’affaler le spi avec la marge habituelle en maxi, le fameux « au cas-où » car sur ces bateaux-là, la probabilité qu’il arrive un truc est quand même très élevée… Et là, non, rien, et en plus très rapide. Nous aurions été à la bouée sous le vent d’un parcours banane en moderne, ça aurait été la même. Parfait. Parfait mais frustrant car du coup, nous nous retrouvons sous voiles plates quelques minutes trop tôt… mais c’est comme ça !
Ce genre de manœuvres, c’est une des grosses particularités des maxis des années 70/80. Des bouts partout, en gros un bout = un winch, des voiles à endrailler, des bateaux surpuissants qui demandent beaucoup d’anticipation et de bien visualiser chaque manœuvre, pour imaginer tout ce qui peut coincer avant que cela n’arrive… De nos jours, les voiles sont toutes sur enrouleurs, les spis asymétriques, tout le pont recentré autour d’une colonne, en faisant en sorte d’aller le moins possible sur la plage avant. Tout est différent. Ce ne sont plus les mêmes bateaux, plus la même époque, plus les mêmes performances. C’est une autre façon de naviguer, ni mieux ni moins bien, juste une autre façon de faire du bateau à voile. En tout cas, si vous avez du mal à comprendre ce qu’est l’esprit d’équipe, venez faire du maxi. Vous allez vite comprendre que seul, ici, vous ne faites rien. 
Après 5 jours de course, Pen-Duick VI arrive 3 heures en réel après le Volvo 60 Challenge Océan, nous sauvons largement notre rating et gagnons la Drheam Cup 2022. Je ne m’étais jamais imaginée gagner une course avec ce bateau, je suis très heureuse pour lui, surtout en arrivant avec les copains à la Trinité.
Je suis assez fière de ce dernier équipage, leur échelle de progression a été top, ils ont su faire ce que j’aime, naviguer sérieusement, propre vite et bien, sans trop se prendre au sérieux. Et justement en parlant de ça… 
Le temps passe et le dernier équipage qui vient pour courir le tour des îles britanniques est arrivé à bord, nous partons dans les prochaines heures pour Cowes, prendre le départ du mythique tour des îles Britanniques. Cela veut donc dire que la fin de saison, et que par conséquent, la fin de la période de sélections, elle aussi approche… Il va bientôt falloir annoncer les résultats. Le moment que je redoute depuis le début ! Les règles du jeu sont pourtant claires depuis le départ, il y a 38 personnes en sélection, je n’ai pas 38 places à bord… Il y aura donc forcément des déçus.
Alors comme je ne me voyais pas annoncer ça par téléphone ou visio, je me suis dit : autant réunir tout le monde. Comme ça, tous les équipages pourront se rencontrer, les sélectionnés pourront faire la fête, les non sélectionnés…  aussi ! Reste à trouver le lieu pouvant accueillir 40 personnes, même s’il pleut. Et comme d’habitude, quand ça doit se faire, ça s’aligne : une des participantes nous accueille dans sa maison de famille dans la Sarthe, alors le 17 septembre, j’organise les Elemen’Terre Games ! Le programme est en cours d’écriture, mais une bonne après-midi de rigolades en vue, annonce des sélections, grande table pour diner dehors et soirée « 1973 ». 
Pour l’heure, concentration sur notre dernière course, le gros morceau velu de la saison, le tour des îles Britanniques, où nous devons laisser l’Irlande à tribord, monter au Nord de l’Ecosse vers les îles Shetland, et redescendre à Cowes. 
On retourne dans le froid, l’humidité… remettre des pulls, baby gros et des bonnets… Hum ça va être top !! 😛
Profitez bien de votre été,
From Pen-Duick VI
Marie